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Association pour la Paix et les Droits de l'homme (APDH)

FORMATION DES MEMBRES DES COMMISSIONS DE RECONNAISSANCECOLLINAIRE DE LA COMMUNE KIRUNDO SUR LA DEONTOLOGIE PROFESSIONNELLE.

Sans doute, la certification foncière revêt aujourd‘hui un caractère primordial dans le processus de prouver le droit de propriété foncière ici au Burundi. Nombreuses des communes des différentes provinces du pays sont maintenant dotées de service fonciers communaux fonctionnels avec du personnel et des CRC à la hauteur de leur travail.

Depuis que la commune de Kirundo via son conseil communal a délibéré pour la création du service foncier, ce dernier n’était pas encore fonctionnel faute de la mise en place et la formation des membres des commissions de reconnaissance collinaire. En cette date du 14 Juillet 2021, APDH se réjouit du fait que les CRC sont déjà mis en place sur toutes les collines de la commune et leurs capacités sont renforcées sur la déontologie du métier. Bientôt le staff du service foncier communal sera au complet comme nous l’admettent les autorités administratives communales.

En étroite collaboration avec les CRC nouvellement mis en place, nous n’avons plus aucun doute que le travail de certification foncière dans la commune commence bientôt et se fera bien et avec un effet majeur sur l’accroissement de la caisse communale, du développement socio-économique des  ménages et de l’amélioration de la cohésion sociale dans la communauté et cela influence positivement dans la réduction des conflits en général et des conflits fonciers en particulier.

Le CRC est normalement composé de 7 personnes par colline issues de 3 catégories différentes dont les élues locaux(3), les intègres(3) et un représentant de l’administration communal(1) comme le précise l’article 394 du code foncier actuellement en vigueur au Burundi. Ces derniers doivent avoir un minimum de connaissance sur la gestion foncière et le fonctionnement du service foncier communal pour bien exercer leur métier. C’est dans cette logique que l’APDH organise cette formation à leur endroit et continuera à intervenir en matière de renforcement de leurs capacités dans la mesure du possible.

La séance s’est déroulée sur deux sites où deux zones se sont réunies par site, cela pour faciliter la participation : Les zones Cewe et Kirundo rural se sont réunies d’une part à l’ECOFO Munzenze et les zone Kirundo centre et Gikuyo à l’ECOFO Gikuyo  d’autre part. La séance avait comme objectif de donner les capacités nécessaires aux membres des  commissions de reconnaissance collinaire sur certains concepts clés de la gestion foncière et d’échanger sur un bon comportement qui doit caractériser un membre de ladite commission et de proposer des sanctions en cas de violation des principes établis.

Lors de la séance, les participants ont bien compris leur rôle, les valeurs et mœurs qui doivent guider leur travail et les différentes étapes de la certification foncières mais aussi, ils ont pu acquérir un minimum de connaissance sur l’opérationnalité du service foncier communal et cela leur permettra de mieux assister la population qui a tant besoin de ce service. Ils ont aussi compris que ce travail revêt un caractère de bénévolat et exige d’eux un sacrifice duquel germera l’esprit de consolidation de la paix et de renforcement des droits dans les familles et communautés de base. 

 La participation était massive car toutes les collines étaient représentées presqu’au maximum, sauf quelques cas des représentants de l’administrateur qui seront changé car, un membre de la commission doit résider sur la colline. 

 

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TABLE RONDE SUR LA PLACE DE LA FEMME BURUNDAISE DANS LES STRUCTURES DE PRISE DE DECISIONS

Le Programme d'action de Beijing affirme que les femmes ont le même droit que les hommes de participer à la gestion des affaires publiques et peuvent contribuer à redéfinir les priorités politiques et à inscrire dans les programmes politiques. Aujourd'hui, au Burundi, le nombre de femmes occupant des fonctions publiques est plus ou moins considérable par rapport aux années passées, il convient de maintenir cette tendance car plus de femmes dans des positions décisionnelles aideront à renforcer les politiques et la législation en faveur d'une vraie égalité des sexes même si des défis persistent encore pour l’amélioration de la situation des femmes burundaises.

APDH se borne toujours sur ces circonstances pour mener ses actions dans ces domaines en promouvant des échanges et des discussions en la matière qui stimulent un développement holistique. Cette table ronde qui a eu lieu le 31 Mars 2021 s’inscrit dans cette perspective. Des membres et le personnel de l’APDH aux représentants des groupements religieux, des représentants des parties politiques au Forum National des Femmes, des membres du CDFC aux  administratifs communaux, des  conseillers du gouverneur aux représentants des groupements locaux tous avaient répondus présents à ce rendez-vous.

La présentatrice est d’abord revenue sur les textes des lois du Burundi sur l’égalité des personnes et la représentativité de la femme qui, avec lacunes, est limitée sur les chiffres de représentations dans l’assemblée nationale et le sénat. Elle est aussi revenue sur la résolution  1325 de l’ONU en matière de représentativité à laquelle le Burundi a adhéré. Des exemples ont été évoqués sur le taux de représentativité : 37,4 % au niveau de l’Assemblée Nationale, au niveau des ministères, sur 18 gouverneurs, seuls 3 sont des femmes, 34,45 % au niveau de l’administration communale. Dans le décret le plus récent portant nomination des grands cadres, il n y a que 39 %  de représentativité de la femme. Au niveau des directions scolaires, le taux de représentativité est aussi très bas, 15,2 % dans le système d’éducation en province Ngozi. Sur le taux de représentativité en province de Ngozi dans les structures politiques communaux, la représentante du forum des femmes a aussi donné quelques chiffres sur lesquels les participants ont débattu.  

Les participants ont eu l’occasion de s’exprimer. Certains trouvent que les femmes sont elles-mêmes à la base du bas taux de représentativité et qu’elles doivent faire plus dans leurs réclamations et actions tandis que d’autres trouvent que cela est dû à l’incompréhension et le non-respect des droits humais étant donnes que femmes et hommes sont tous avant tout des êtres humains. D’autres estiment que le manque de moyens pour les postes qui en nécessitent fait que les femmes soient découragées de se présenter ou se faire élire. Tous ont néanmoins évoqué les entraves liés aux stéréotypes culturels qui empêchent les femmes d’agir spontanément. Les autres ont évoqué le fait que les femmes au Burundi n’aiment pas élire les femmes comme elles, qu’elles doivent d’abord développer l’esprit d’amour propre.

Les femmes qui ont antérieurement occupé des postes politiques dans les structures de prise des décisions ont partagé leurs expériences et sont beaucoup plus revenues sur les grandes qualités que doivent incarner les femmes leaders : estime de soi, travailler avec dévouement, et l’esprit d’humanité et de proximité avec leurs sujets (selon une femme et ancien membre de l’Assemblée Nationale). Une autre femme, très récemment administrateur de la commune Gashikanwa a témoigné de la nécessite d’avoir et de nourrir la volonté de se faire élire pour représenter les autres en tant que femme même si cela se révèle presque toujours difficile. Elle déplore le fait que parmi les gens qui prédisaient qu’elle ne sera pas capable de gouverner, il y avait des femmes qui pensaient de même et ne voulaient pas la soutenir plutôt. Pour elle, la patience, la collaboration et la persistance sont cruciales, et la prière doit être l’arme pour mieux servir en tant que femme dans cette société Burundaise. Elle a terminé en encourageant les jeunes femmes pour qu’elles comprennent qu’elles sont vraiment capables de ce que les hommes font et aux hommes d’aider dans ce cheminement mais avec bonne foi. 

Les recommandations des participants sont entre autres, l’accompagnement des femmes pour qu’elles s’impliquent de plus en plus et se fassent élire et représenter, plaider en leur faveur pour que les dirigeants prennent en considération la cause et la mise en place de leurs structures représentatives  (là où elles n’existent pas, surtout au niveau des collines) et étendre ou renforcer  des lois de mise en application de la représentativité (là ou elles existent déjà). Les participants recommandent aussi de sensibiliser les hommes sur l’éradication des stéréotypes qui les font bloquer l’avancement de la cause dans la société, car selon les témoignages d’une des administrateurs communaux en exercice, les collines dirigées par les femmes sont de plus en plus modèles.