Etude sur la problématique foncière dans la province de Ngozi

Bien d’efforts, tant sur le plan politique que social, accompagnent le processus de paix en cours qui, progressivement, marque un pas significatif notamment avec l’entrée en négociation du PALIPEHUTU- FNL, aile RWASA, le seul mouvement armé encore en guerre contre les militaires gouvernementaux. Cette stabilisation pousse à croire à un retour massif des réfugiés burundais et à une réintégration progressive des déplacés internes.
Le processus de paix en cours pourrait néanmoins être mis à l’ épreuve par des conflits liés à la terre si des stratégies de prophylaxie ne sont pas arrêtées à temps suite notamment aux lacunes du code foncier actuel, déjà vieux de 18 ans, et à la mauvaise gestion du domaine foncier de l’Etat surtout en cette période de crise.
A côté des problèmes fonciers prévisibles par l’effet du retour massif des réfugiés, il y a aussi des problèmes, souvent évoqués et non efficacement résolus, liés a l’héritage des filles, aux personnes sans terres (les Batwa et les enfants non reconnus par exemple), à l’expropriation pour cause d’utilité publique sans indemnité préalable ou avec une indemnité tardive et insuffisante,…
Le temps est ainsi venu de prendre en compte la situation en vue d’arrêter des stratégies de gestion participative capables de prévenir l’expression de ces conflits à l’état pur. Il s’impose de cette manière un diagnostic profond de la vraie situation, de conscientiser tous les concernés sur ses conséquences néfastes à la dynamique de paix en cours et à la vie sociale en général et les inciter à se pencher d’avance et davantage sur la recherche des solutions y adéquates.
L’enquête sur la situation des problèmes fonciers dans la Province de Ngozi n’a d’autre innovation que d’approcher les catégories souvent omises (déplacés, rapatriés, attributaires de terrains domaniaux …) dans l’identification des problèmes réels posés et des solutions possibles au niveau local, c’est-à-dire dans un cadre moins général et par là plus rationnel.
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Force est de reconnaître que le choix du domaine de travail n’a pas été très original car les problèmes fonciers au niveau national et même sous-régional deviennent de plus en plus un sujet de préoccupation presque à tous les niveaux.
A plus ou moins long terme, ce travail a simplement cherché à atteindre deux objectifs majeurs.
D’une part, il a été question de procéder à un diagnostic plus ou moins complet des problèmes qui se posent réellement au niveau local, en recueillant l’information auprès des catégories particulièrement touchées par ces problèmes ou impliquées, directement ou indirectement, dans leur apparition et leur gestion.
Il s’agit d’un diagnostic destiné à contrer (ou à corriger pourquoi pas) la tendance générale à la globalisation et à la simplification des problèmes auxquels on serait tenté de chercher des solutions identiques et estimées partout valables alors que les problèmes fonciers varient d’une Province à une autre, d’une région à une autre ou, même s’ils sont identiques ou paraissent ainsi dans plusieurs coins, ne se posent pas nécessairement avec la même intensité.
Il est peut être actuellement temps de passer à l’étape suivante en s’éloignant davantage du contexte trop général des problèmes fonciers au niveau national pour chercher à connaître la réalité propre à chaque contrée.
D’autre part, il y avait, comme il y a encore, le souci, à travers ce travail, d’opérer un diagnostic participatif des problèmes déjà posés ou à craindre dans l’avenir et des solutions possibles en associant les communautés locales. La tendance pour les responsables administratifs et politiques de se pencher sur un problème après qu’il ait atteint la phase d’un conflit ouvert doit changer. Les simples analyses et recommandations des experts [nationaux ou internationaux] ne valent ou ne collent pas toujours avec la réalité sur terrain.
Il faut chercher par tous les moyens à favoriser une conscience citoyenne capable de s’éloigner de l’individualisme ou de l’ethnocentrisme et de promouvoir une prise de conscience collective des problèmes communs et des solutions au niveau communautaire afin de favoriser une complémentarité active face aux défis sociaux en général et en matière foncière en particulier.

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